mardi 1 juillet 2014

La Banque du Japon


Après la FED, la BCE et la banque d’Angleterre, nous continuons sur le dossier des banques centrales avec aujourd’hui, la banque du Japon.
Bonne lecture !

La Banque du Japon (日本銀行, nippon ginkō, de nippon, Japon et ginkō, banque) est la banque centrale du Japon. On rencontre souvent l’abréviation BoJ qui provient de l’anglais Bank of Japan.
Matsukata Masayoshi instaure également en 1882 la Banque du Japon qui émet depuis lors le papier monnaie au nom du gouvernement1.
La banque a acquis son indépendance théorique vis-à-vis du gouvernement japonais par la loi du 1er avril 1998, à la même date que les autres banques centrales « non privées » : Banque d’Angleterre, Banques européennes dont la Banque de France.
Malgré une réécriture de sa loi statutaire (« Bank of Japan Act » –1998) orientée dans le sens d’une plus grande indépendance vis à vis du pouvoir politique, cette indépendance est souvent mise en doute.
L’article 4 de cette loi stipule en effet que dans la conduite de sa politique monétaire et de sa politique de change, la Banque du Japon devra toujours garder un étroit contact avec le gouvernement japonais, en accord avec la politique économique de ce dernier.
Elle est chargée d’émettre les pièces et billets de yens, de mettre en place la politique monétaire, d’assurer la stabilité financière du système financier, et de conduire la politique de taux de change.
La BoJ fait partie avec la Réserve fédérale des États-Unis (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) des trois principales banques centrales du monde.
 

Haruhiko Kuroda (黒田 東彦 Kuroda Haruhiko), né le 25 octobre 1944, est le 31 ème gouverneur de la banque du Japon. Il était auparavant président de la banque Asiatique de Développement (ADB), poste qu’il a occupé de 2005 à 2013.
Mr Kuroda est diplomé en droit de l’Université de Tokyo et en économie de l’université d’Oxford, un des temples de la formation financière avec La London Schools of Economics.
En 1967, il entre au Ministère des Finances, 8 ans plus tard est détaché auprès du FMI, puis retourne à Tokyo, toujours au Ministère des Finances.
De 1997 à 2003, il est vice ministre des finances, maintient les relations avec les institutions financières internationales, participe à de nombreuses conférences comme représentant du Japon. C’est pendant cette période qu’il aide à mettre en place un plan de $ 30 milliards, la Miyazawa Initiative, réponse du japon à la crise économique et financière que traverse l’Asie en 1997-1998.
 
Avant de rejoindre ADB, Kuroda est conseiller spécial au cabinet du premier ministre Junichiro Koizumi et enseigne l’économie à l’université d’Itotsubashi à Tokyo.
Mr Kuroda s’est toujours fait l’avocat d’une politique monétaire plus laxiste et ses deux adjoints, Kikuo Iwata et Horoshi Nakaso étaient de sévères critiques de la politique monétaire conduite par la Banque du Japon.
La Banque du Japon (BoJ) est longtemps passée pour l’une des plus prudentes – pour ne pas dire timorées – parmi les grandes banques centrales. Cette époque est bel et bien révolue.
Le tout nouveau gouverneur de l’institution, Haruhiko Kuroda, a fait comprendre, jeudi 4 avril 2013, qu’il était prêt à mettre en oeuvre « tout ce qui peut l’être » pour sortir l’Archipel de la stagnation économique dans laquelle il est englué depuis deux décennies. En clair : une révolution monétaire.
La banque centrale vise un doublement en deux ans de la base monétaire du pays, c’est-à-dire l’argent en circulation et les réserves des banques. Pour ce faire, elle va étendre ses achats d’obligations d’Etat et en acquérir de toutes les maturités, y compris celles de 40 ans !
Elle va aussi augmenter la part d’actifs plus risqués, tels que les fonds cotés enBourse et les titres de fonds communs immobiliers.
Objectif : parvenir à 2 % de hausse des prix en deux ans. C’est la cible qui lui a été assignée en janvier alors que le Japon est enfermé depuis près de vingt ans dans une spirale déflationniste. Autrement dit, une baisse généralisée des prix et des salaires qui bride l’activité économique.
En injectant des tombereaux d’argent frais dans le système, l’autorité monétaire veut encourager la distribution de crédits aux ménages et aux entreprises. Etrelancer ainsi la consommation, l’investissement et la production industrielle.
M. Kuroda doit surtout convaincre les milieux économiques de sa détermination. Le succès, en matière de politique monétaire, est largement affaire de psychologie. Si les entreprises croient au message du banquier central, elles se mettront à anticiper une hausse des prix au moment de fixer leurs tarifs. Une dynamique vertueuse pourrait alors s’enclencher.
De prime abord, la stratégie martiale du nouveau gouverneur semble satisfaire de  tous les côtés. Les milieux d’affaires, d’abord : jeudi, la fédération patronale nippone Keidanren a salué des mesures qui « feront date ». Les parlementaires japonais, aussi, qui ont décidé vendredi 5 avril de valider pour cinq ans la nomination de M. Kuroda à la tête de la banque centrale. Et les marchés financiers, surtout, qui ont réservé un accueil triomphal aux annonces de la BoJ.
Leur raisonnement est simple. Ils estiment que l’injection massive de liquidités par la banque centrale va continuer de pousser le yen à la baisse – depuis novembre, il a déjà perdu plus de 20% face au dollar – et donc gonfler les résultats des exportateurs japonais. Ils parient aussi sur un assèchement par la BoJ du marché des obligations japonaises qui devrait contraindre les investisseurs domestiques, et notamment les grandes institutions financières à se tourner vers le marché actions pour placer leurs capitaux. Séduisante sur le papier, cette logique ne convainc pas beaucoup d’économistes dans l’archipel. Certains ont même vu dans la spectaculaire volatilité, les premiers jours, des obligations d’Etat japonaises, les premiers doutes des investisseurs sur la pertinence de la stratégie monétaire. Ensuite, c’est la faible demande pour de nouvelles obligations d’Etat à 30 ans, proposé à un rendement toujours très faible, qui a jeté un froid sur la place japonaise.
Dans l’archipel, la plupart des conjoncturistes veulent bien reconnaître que la politique de la BoJ devrait profiter pendant plusieurs mois encore au marché actions. Ils s’inquiètent par contre de l’impact à moyen terme sur les fondamentaux du pays de cette stratégie, qui s’accompagne d’un spectaculaire programme de dépenses publiques financé par la dette. « Nous ne pouvons nous empêcher de penser que les actions de la BoJ, qui ont des relents de monétisation, vont ruiner la discipline budgétaire », explique Ryutaro Kono, l’économiste en chef de BNP Paribas au Japon. Selon lui, l’inflation, si elle venait à être ranimée, pousserait nécessairement les taux d’intérêt à la hausse et compromettrait les capacités de l’Etat à rembourser ses emprunts, alors qu’il est endetté à hauteur de 235% de son PIB.
André
Dans le prochain article : la Banque Centrale d’Allemagne

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