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Dossier Banques Centrales : la Bundesbank
Première période.
Avant l’unification de 1871, l’Allemagne avait 31 banques centrales, les Notenbanken, car chaque État indépendant émettait sa propre monnaie. En 1870, une loi fut votée interdisant la création de nouvelles banques centrales.
La loi monétaire allemande du 9 juillet 1873 accélère ensuite l’unification monétaire de l’Allemagne car le Goldmark devient aussi une monnaie commerciale. L’une de ses dispositions ordonne le retrait à partir du début de l’année 1876 de la monnaie-papier émise par les gouvernements des États fédérés au sein du Reich. Seuls les billets libellés en mark sont désormais autorisés. Le thaler, vieille monnaie allemande basée sur l’argent était dominante jusqu’en 1871. Elle représente alors un stock considérable, d’environ 450 millions de marks et sera démonétisé en 1879 et retirée graduellement de la circulation jusqu’à disparaître.
En 1874, une proposition de loi fut introduite au Reichstag. Après plusieurs modifications et plusieurs concessions, elle fut adoptée en 1875 et une banque centrale unique à tout l’empire allemand, la Reichsbank, garante du Goldmark fut créée. Sa structure est bâtie sur les fondations de la Banque royale de Prusse, qui émettait depuis 1847 des billets de papier-monnaie. Le Goldmark deviendra ensuite le Papiermark à partir de 1914, puis le Reichsmark après 1924.
En 1874, une proposition de loi fut introduite au Reichstag. Après plusieurs modifications et plusieurs concessions, elle fut adoptée en 1875 et une banque centrale unique à tout l’empire allemand, la Reichsbank, garante du Goldmark fut créée. Sa structure est bâtie sur les fondations de la Banque royale de Prusse, qui émettait depuis 1847 des billets de papier-monnaie. Le Goldmark deviendra ensuite le Papiermark à partir de 1914, puis le Reichsmark après 1924.
Malgré la création de la Reichsbank, quatre Notenbanken ont maintenu leurs activités jusqu’en 1918 dans quatre États fédérés au sein du Reich (Grand-Duché de Bade, Royaume de Bavière, Royaume de Saxe et Royaume de Wurtemberg).
La Reichsbank est donc la banque centrale de l’Allemagne de 1876 à 1945. Fondée le 1er janvier 1876 (peu après la création de l’Empire allemand en 1871), elle était détenue par des actionnaires privés, mais étroitement surveillée par le gouvernement du Reich. Son premier président fut Hermann von Dechend.
Qui étaient ces actionnaires privés ? Difficile à dire car les informations ne semblent pas facilement disponibles sur les sites classiques.
Un compte rendu de la Chambre des représentants de Belgique (le Parlement) du 31 janvier 1900 mentionne : « Deux mots maintenant sur la répartition des bénéfices en ce qui concerne la Reichsbank ou Banque nationale d’Allemagne. Je l’ai déjà dit dans la discussion générale, et ce point n’a pas été rencontré, en 1898, la part des actionnaires de la Banque d’Allemagne s’est élevée à 9.500.000 marks et celle de l’Etat à 9.900.000 marks, c’est-à-dire que la part du trésor allemand a été supérieure de 400,000 marks à celle distribuée aux actionnaires ». On peu en déduire, sous réserve, que l’Etat et les privés étaient plus ou moins à parité.
En 1923, la Reichsbank doit faire face à l’hyperinflation de la République de Weimar. L’hyperinflation dans les années 1923 et 1924 est une des conséquences de la défaite de l’Allemagne en 1918, du dépeçage de l’économie allemande par les Alliés et de leur refus d’aider l’Allemagne à retrouver ses équilibres économiques. En 1924 l’argent perdait son pouvoir d’achat d’heure en heure. Il fallait le dépenser immédiatement avant que sa valeur ne soit dépréciée. Contrairement à une idée répandue cette hyperinflation n’est due ni à des hausses inconsidérées de salaires ni au fonctionnement de la planche à billets.
« Très bon marché ici ! La chambre d’hôtel 400 000 Marks, le dîner 1 800 000 Marks. Un demi-litre de lait 250 000 Marks. Six semaines plus tard, peu avant la fin de l’inflation, un déjeuner dans une auberge coûtait entre 10 et 20 milliards de Marks et un repas à la mensa plus d’un milliard, ce qui correspondait à 7 pfennigs-or. Pour une pièce de théâtre, je devais payer 300 à 400 millions. »
— Albert Speer, Au cœur du Troisième Reich, 1969
Sous la houlette de Hjalmar Schacht, le gouvernement parvient à arrêter l’inflation en mettant en place le Rentenmark le 20 novembre 1923. Le Papiermark se retrouve alors démonétisé et 1 000 milliards de marks représentent un Rentenmark. Cette monnaie retrouve les parités du mark d’avant 1914.
Politiquement, l’hyperinflation et les conditions dans lesquelles elle est apparue ont eu un impact considérable sur la suite des événements en Allemagne.
Dans la période 1933-1938, la masse monétaire en circulation augmente régulièrement : alors qu’à la fin de l’année 1932, circule un montant en billets de banques de 3,5 milliards de Reichsmarks, il en circule 7,7 milliards de Reichsmarks en billets de banque en octobre 1938. Cette politique d’inflation, liée intimement à la politique d’accroissement du crédit, finance la reconstitution de l’appareil militaire allemand durant la période.
Dans la période 1938-1945, au fur et à mesure de l’expansion allemande en Europe, la Reichsbank joue un rôle de payeur des troupes en campagnes, par le biais des caisses de crédit motorisées.
Au fil des conquêtes allemandes, des territoires sont annexés au Reich ; sur ces territoires, des monnaies sont démonétisées et donc changées auprès de la Reichsbank, qui dispose ainsi de confortables réserves de devises, en francs, en couronnes, en zlotys, en roubles, etc.
Au cours de cette première moitié du XXème siècle, un homme occupe une place primordiale dans la gestion et la destinée de la banque centrale allemande : le Docteur Hjalmar Schacht.
Il occupera le poste de gouverneur à deux reprises, de 1923 à 1930, puis de 1933 à 1939.
Hjalmar Horace Greeley Schacht, né à Tinglev (aujourd’hui au Danemark) le 22 janvier 1877 et mort à Munich le 3 juin 1970, est un financier allemand, créateur du Rentenmark (1923), président de la Reichsbank (1924-1930 et 1933-1939) et ministre de l’Économie du Troisième Reich (1934-1937). Il fut très lié à Strong, gouverneur de la FED et à Norman, gouverneur de la Banque d’Angleterre.
En tant que ministre, Schacht développe une politique mercantiliste fondée sur de grands travaux comme la construction d’autoroutes financées par l’État. Il s’agit en fait de la politique lancée par von Schleicher depuis 1932 et qui n’est pas très différente du New Deal de Roosevelt à la même époque. À partir de septembre 1934, Schacht lance son « Plan nouveau », qui consiste à organiser l’autarcie en restreignant les importations aux seules matières premières nécessaires au réarmement et à tirer profit de la faiblesse de certains partenaires commerciaux de l’Allemagne.
En janvier 1937, Schacht est décoré de la médaille d’or d’honneur du parti. Il est renvoyé du ministère de l’Économie à sa demande en novembre 1937, à cause de différends portant notamment sur l’importance des dépenses militaires, qui créent de l’inflation, et de relations conflictuelles avec Hermann Göering. Il conserve son poste à la tête de la Reichsbank jusqu’en 1939 et est ministre sans portefeuille jusqu’en 1943, titre essentiellement honorifique.
Accusé d’être impliqué dans l’attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler, Schacht est interné dans divers camps de concentration (notamment Ravensbruck et Dachau) jusqu’à la fin de la guerre (il y rencontre Léon Blum dans les derniers jours de la guerre, qu’il n’avait pas vu depuis 1936). Libéré par les Alliés, il figure parmi les accusés du procès de Nuremberg où il est accusé de plan concerté ou complot et de crimes contre la paix, pour sa contribution à préparer l’économie allemande à la guerre. Il est acquitté et relâché en 1946.
En 1953, Schacht fonde la banque Deutsche Außenhandelsbank Schacht & Co. qu’il dirige jusqu’en 1963. Il devient conseiller financier pour des pays en voie de développement. Au sein de la République fédérale d’Allemagne, il est maintenu à l’écart du pouvoir par Konrad Adenauer mais entretient une activité de conférencier, intervenant régulièrement auprès du parti conservateur bavarois, la CSU.
Schacht meurt à Munich le 3 juin 1970.
Deuxième période.
La Bank Deutscher Länder (BDL) fut la banque centrale des secteurs d’occupation occidentaux et de la République Fédérale d’Allemagne de 1948 à 1957.
la Bank Deutscher Länder fut créée le 1er mars 1948 par la loi n ° 60 du gouvernement militaire dans les secteurs d’occupation occidentaux. À cette époque, cette banque a eu la responsabilité de la nouvelle monnaie allemande, lorsque le Deutsche Mark fut introduit (20 juin 1948), et cela jusqu’à la création de la Deutsche Bundesbank (loi du 26 juillet 1957 – Bundesbankgesetz – entrée en vigueur le 1er août de la même année).
La capitulation allemande de mai 1945 laisse l’Allemagne exsangue avec près de 7 millions de morts, dont 600 000 du fait des bombardements stratégiques, plusieurs millions de personnes déplacées, surtout à l’est du pays. Le tissu urbain est largement détruit et l’économie pratiquement anéantie. La période qui suit la Seconde Guerre mondiale est marquée par d’énormes problèmes sociaux et économiques, par l’absence de perspectives politiques et par le désordre monétaire. Assez rapidement, les Alliés se disputent la suprématie sur le pays. Finalement, les États-Unis et le Royaume-Uni décident d’une uniformisation économique en zone occidentale, créant la bizone en janvier 1947, celle-ci qui deviendra 18 mois plus tard la trizone lorsqu’elle sera rejoint par la France.
Ce plan, tenu secret jusqu’à l’annonce de la réforme monétaire du 20 juin 1948, lie l’économie des trois zones allemandes de l’ouest au système économique occidental.
Une nouvelle unité monétaire imprimée aux États-Unis, le Deutsche Mark, remplace enfin dans la trizone le Reichsmark, toujours utilisé depuis la fin de la guerre. Le taux de change initial était de 1:1 pour les 40 premiers Reichsmarks, puis de 10:1 pour les suivants. Ce change eut un effet désastreux pour les personnes qui possédaient des capitaux en liquide.
La zone soviétique suit le même chemin avec la création du Ostmark (ou « Mark de l’Est ») de la République démocratique allemande.
Au début, la qualité des différents billets est fort irrégulière. C’est ainsi que les billets de 5 deutschemarks doivent être remplacés presque immédiatement par de nouveaux billets fabriqués au Royaume-Uni. Ce sont les premiers billets allemands avec une bande de sécurité.
Ce n’est seulement qu’en 1955 que le gouvernement fédéral allemand reprend la maitrise de la production de sa monnaie nationale.
Le 1er janvier 1957, lors de l’intégration du protectorat de la Sarre au sein de la République fédérale d’Allemagne, le nouveau land de Sarre ainsi constitué adopte le deutschemark en remplacement du franc sarrois.
La Deutsche Bundesbank ou Banque fédérale d’Allemagne, appelée familièrement Buba (prononcé « bouba »), est la banque centrale allemande.
Son statut actuel date de la loi du 26 juillet 1957 (Bundesbankgesetz) entrée en vigueur le 1er août de la même année. Elle a succédé à la Bank Deutscher Länder créée le1er mars 1948 dans les secteurs d’occupation occidentaux.
Le siège de la Bundesbank est installé à Francfort-sur-le-Main.
Comme conséquence de l’intégration de la Deutsche Bundesbank dans le système des banques centrales européennes, son organisation a été modifiée par un amendement du Bundesbank Act qui a pris effet le 30 avril 2002.
Les réserves d’or de la Bundesbank se trouvaient en date du 17 mars 2008 à New York.
En novembre 2012, sous la pression des médias et d’un certain nombre de députés allemands, la Bundesbank s’est décidée à dévoiler l’importance et les lieux où sont entreposées ses réserves en or. Celles-ci s’élèvent à 3396 tonnes. 45 % de ces réserves sont entreposées dans les coffres de la Fed à New-York. Le reste étant conservé en Allemagne pour 31 %, en Angleterre chez la Banque d’Angleterre pour 13 % et dans la Banque de France pour 11 % à Paris.
L’Allemagne détient, avec ces 3 396 tonnes, d’une valeur de 132,8 milliards d’euros, les réserves d’or les plus importantes au monde après la Fed aux Etats-Unis.
L’équivalent allemand de la cour des comptes a demandé en octobre 2012 l’établissement d’un inventaire du stock d’or du pays; des politiciens conservateurs et eurosceptiques se sont publiquement interrogés sur l’ampleur des réserves allemandes présentes à l’étranger, demandant leur rapatriement.
La Bundesbank a annoncé son intention de rapatrier la totalité de l’or qu’elle détient stocké à la Banque de France (374 tonnes) et une bonne partie (300 tonnes environ) de ce qu’elle détient aux USA, à la Réserve Fédérale de New York, d’ici 2020.
Lorsqu’en 1957 la Bundesbank succéda à la Bank Deutscher Länder, le principe de l’indépendance fut aussitôt repris ; l’institut d’émission allemand n’a pas d’instructions à recevoir du gouvernement fédéral. Cette indépendance ancrée dans la loi a pourvu la Bundesbank de l’autonomie nécessaire pour assumer sa tâche : sauvegarder la monnaie.
Indépendance et sauvegarde de la monnaie sont devenues les particularités de la politique monétaire allemande.
S’appuyant sur la douloureuse expérience de deux périodes historiques d’hyperinflation, le<s Allemands sont convaincus que l’inflation ne peut résoudre les problèmes mais qu’elle en est la cause.
La Bundesbank savait qu’en axant sa politique monétaire sur la stabilité de la monnaie, elle aurait l’appui de la population. Elle s’est toujours sentie liée par cette obligation
Intégrée à l’Union Européenne, ayant abandonné le mark pour l’Euro et transmis, comme les autres banques centrales européennes, beaucoup de ses pouvoirs à la BCE, la Bundesbank n’en garde pas moins sa culture, son souci du respect de la légalité, des textes régissant le fonctionnement de la BCE.
Elle n’hésite pas à s’exprimer et à agir, si elle le juge nécessaire. La banque centrale allemande vient a officialisé en décembre 2012 son opposition de principe à la politique de la BCE qu’elle critique très durement devant le tribunal administratif de Karlsruhe
La Bundesbank conteste d’emblée l’argument de Mario Draghi pour justifier le programme OMT de rachat illimité de titres souverains : l’absence de transmission de la politique monétaire de la BCE compte tenu des écarts de taux entre les pays. Selon la Bundesbank, il ne revient pas à la BCE de combattre ces écarts de taux qui sont « les suites des politiques financières nationales. » La banque centrale ne doit pas corriger ces erreurs de politiques budgétaires.
La Bundesbank conteste d’emblée l’argument de Mario Draghi pour justifier le programme OMT de rachat illimité de titres souverains : l’absence de transmission de la politique monétaire de la BCE compte tenu des écarts de taux entre les pays. Selon la Bundesbank, il ne revient pas à la BCE de combattre ces écarts de taux qui sont « les suites des politiques financières nationales. » La banque centrale ne doit pas corriger ces erreurs de politiques budgétaires.
Par ailleurs, la Bundesbank estime que le rôle de la BCE n’est pas d’empêcher la sortie d’un pays de la zone euro, ceci relevant encore, selon la banque centrale allemande, des « Etats souverains. » La volonté de Mario Draghi de se présenter comme le garant de l’intégrité de la zone euro est donc fortement contestée, en dépit du fait que cette politique a permis, depuis août dernier, de ramener un calme relatif sur les marchés.
La Bundesbank, enfin, critique fermement le programme OMT lui-même qui conduirait à accepte dans le bilan de la BCE des titres de mauvaise qualité. Enfin, l’institution allemande fait le procès du programme d’accès d’urgence des banques à la liquidité ELA qui a permis de maintenir en fonctionnement les banques grecques à l’automne alors même que le gouvernement d’Athènes n’avait pas encore eu l’accord de ses partenaires pour une nouvelle aide. « La BCE a ainsi agi à la limite du financement direct d’un Etat », ce qui est formellement interdit par les traités.
Avec ce règlement de comptes, la Buba montre son opposition de principe à la politique de la BCE. Le document est important, car il montre que Mario Draghi doit compter avec une forte opposition au sein de son conseil des gouverneurs.
Autre sujet de mécontentement : Jens Weidmann met le doigt sur le problème du système de compensation bancaire Target-2 de l’Eurosystème. Ce système permet de centraliser les transactions financières au sein de la zone euro. Lorsqu’un client d’une banque française, par exemple, réalise un paiement en Allemagne, la Banque de France affiche un débit dans le système target-2 centralisé par la BCE qui crédite alors d’autant la Bundesbank.
La Bundesbank est la seule banque centrale nationale avec celle de Finlande et d’Autriche à afficher un solde positif considérable de près de 500 milliards d’euros sur Target.
Pour que ce crédit ne soit pas payé, et représente donc une perte sèche pour la Bundesbank, il faudrait que l’ensemble des pays de la zone décide de dénoncer leurs débits et donc que l’UEM disparaisse.
Mais là où Jens Weidmann condamne le plus le système Target-2, c’est bien dans son utilisation comme moyen de contenir la crise en offrant de la liquidité à des banques de pays en difficulté, ce qui revient aussi à aider les gouvernements potentiellement incapables d’aider leurs banques.
La Buba considère donc que Target a été dévoyé en une sorte de plan d’aide « caché ». Il a permis de financer les largesses de la BCE et des banques centrales nationales des pays périphériques. Or, si la BCE peut fournir des liquidités à l’occasion à certaines banques, elle sort, selon Jens Weidmann, de son rôle lorsqu’elle établit durablement cette aide. « Il ne relève pas de la politique monétaire de maintenir artificiellement en vie des banques en désarroi ou d’assurer la capacité de paiement des Etats membres », écrit-il. Pour lui, ces tâches reviennent aux « gouvernement et aux parlements concernés ».
Wolfgang Schäuble, ministre des Finances allemand qui doit soumettre au Conseil des ministres de son pays le projet de loi sur la régulation des établissements bancaires, défend particulièrement une mesure qui va faire trembler l’univers bancaire allemand: l’introduction dans le texte de loi de dispositions portant condamnation des banquiers à des peines de prison pour motifs de risques anormaux ou inadaptés.
De nos jours, quand un Allemand dit quelque chose, surtout en matière financière, il ne parle pas pour lui-même ! Il n’est pas loin d’édicter le contenu d’une future directive européenne. Ajoutons que cette initiative, de la part de cet homme, se dresse menaçante vis-à-vis de la BCE. Le Président de la Bundesbank, estime qu’elle se comporte de façon anormale au regard de ses statuts et en considérant une gestion prudente et équilibrée de ses capitaux propres et de son bilan.
Le ministre Schaüble n’est pas un plaisantin. Il y a autre chose dans cette proposition. Quelque chose qui n’est pas ouvertement dite : si les banquiers ont des comportements douteux, s’ils sont en mesure de faire des pieds de nez à la loi et au règlement et s’ils sont cyniques au point de considérer qu’une amende est une sorte d’indicateur de rentabilité, c’est parce que les banquiers n’ont pas été correctement surveillés.
Or, qui surveille les banquiers ? Qui s’assure qu’ils ne sont pas frauduleux ? Qui doit avoir le regard vissé sur les directions de banque, sur leurs stratégies, et leurs comptes, si ce n’est le patron de la Banque Centrale ? Il faut se souvenir qu’en France deux Gouverneurs de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, (directeur du Trésor à l’époque des faits) et Jacques de Larosière, Gouverneur de 1987 à 1993, furent à la peine dans l’affaire du Crédit Lyonnais.
Jens Weidmann (né le 20 avril 1968 à Solingen) est un économiste allemand. Depuis février 2006, il sert en tant que chef de la section IV (Politique économique et financière) à la Chancellerie fédérale. Il a été le négociateur en chef de la République fédérale d’Allemagne pour les deux sommets du G8 et du G20.
Depuis le 1er mai 2011, Weidmann est successeur de Axel A. Weber en tant que président de la Deutsche Bundesbank.
Le prochain dossier sera sur la Banque de France
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