A quoi ressemble un « trillion » de dollars
Source : http://blog.crottaz-finance.ch/?p=1778
J’avais parlé de la hauteur d’un milliard, voici la description visuelle d’un trillion (mille milliards de mille sabords)
On commence avec 100 dollars
ça vous connaissez
Voici maintenant un paquet de 100 billets de 100 dollars. Sa valeur est donc de 10 000 dollars. Pas mal non ?
Maintenant, regardez bien cette pile d’argent sur le sol. Elle vaut 1 million de dollars (100 paquets de 10 000 dollars)
On passe à l’étage au dessus avec 100 millions: Ça commence à être impressionnant comme montant d’argent !
Nous arrivons maintenant aux gros montants. Voici 1 milliard de dollars, l‘équivalent de 1000 millions de dollars..
OK, et comme indiqué au haut de la page, qu’est ce qu’un Trillion de dollars? Et bien c’est 1000 milliards de dollars. Préparez-vous bien, vous allez être surpris de voir ce que cela représente en terme de billets de 100 dollars. Vous n’avez qu’à faire défiler la page vers le bas un peu….
et finalement (roulement de tambour….)
1 trillion (soit mille milliards)
| 1 Trillion de dollars! Et il est à noter qu’il y a 2 palettes superposées |
LA VIDEO
LIEN : http://www.buzzmoica.fr/video/a-quoi-devrait-ressembler-1-trillion-de-dollars-6843
A PARTIR DE CES REPRESENTATIONS IMAGINEZ LA DETTE DES PAYS LES PLUS ENDETTES
LES PAYS LES PLUS ENDETTÉS DU MONDE, LE CLASSEMENT DES ETATS EN FONCTION DE LEURS DETTES
Source : http://patcox21.wordpress.com/2012/05/30/les-pays-les-plus-endettes-du-monde-le-classement-des-etats-en-fonction-de-leurs-dettes/
A combien s’élève la dette des Etats-Unis ? La France fait-elle partie des pays les plus endettés du monde ?
A l’heure où la crise de la dette est au coeur de l’actualité, voici les 12 premiers pays dont la dette publiqueest supérieure au produit intérieur brut (PIB), selon les données de l’OCDE* et les prévisions du Fond Monétaire International (FMI) à fin 2011.
Et contrairement à ce que pourraient laisser croire les fameuses notes des agences de notation, les pays les mieux notés ne sont pas toujours les moins endettés !
Les pays ont été classés en fonction du pourcentage de la dette par rapport au PIB.
* Organisation de coopération et de développement économique, Statistiques et projections, 2011
Le Japon, 200 %
Avec une dette représentant 200 % de son PIB et qui atteint les 13 900 milliards de dollars, le Japon, 3è puissance économique mondiale, est incontestablement le pays le plus endetté du monde.
Mais malgré ces chiffres ahurissants, le Japon ne semble pas autant inquiéter les marchés que les autres pays endettés.
La raison ? Cette dette est réputée stable, car détenue en majorité par des investisseurs nationaux, comme les banques et la Japan Post. L’importante épargne de la population aide également à limiter les dégâts.
La série de catastrophes qu’a connues le pays en mars 2011 (séisme, tsunami et catastrophe nucléaire) a cependant contribué à la hausse de la dette.
La Grèce, 160 %
La Grèce a fait beaucoup parler d’elle en 2011… et pour cause, avec plus de 350 milliards d’euros de dette, soit 160 % de son PIB, elle arrive en second dans le classement des pays les plus endettés.
Pourtant, la Grèce était l’un des pays à plus forte croissance entre l’année 2000 (début de la monnaie Euro) et 2007 (début de la crise des » subprimes « )…
C’est justement cette croissance et la hausse du PIB du pays qui ont fait fermer les yeux des dirigeants financiers, alors que la dette n’a cessé de s’alourdir.
Après le plongeon du déficit public en 2008, la Grèce s’est vue accorder deux aides : une de 110 milliards d’euros en mai 2010 provenant du FMI et des pays de la zone euro, et une seconde de 158 milliards en juillet, venant de prêts du FMI, de l’Europe, et du secteur privé.
Il s’agit du plus gros sauvetage de pays endetté jamais réalisé dans l’histoire !
Le 26 octobre 2011, les dirgeants de la zone euro et les banques ont décidé, lors d’un sommet sur la crise en Europe à Bruxelles, d’effacer 50 % de la dette grecque, soit 100 milliards d’euros de créance.
La dette grecque devrait alors être ramenée à 120 % du PIB en 2020, selon le président français Nicolas Sarkozy
La Jamaïque, 137%
Troisième sur le podium des pays les plus endettés du monde, la Jamaïque détient un ratio dette/PIB de 137 % en 2011, selon le FMI, contre 123 % en 2010 (CIA).
L’agence de notation Fitch annonçait dans un rapport publié en mars 2011 qu’un seul pays au monde avait fait défaut en 2010 : la Jamaïque.
En février 2010, le gouvernement de Jamaïque s’est vu accordé un prêt de 1,27 milliards de dollars de la part du FMI. Mais le fort taux de criminalité, la corruption, et surtout le chômage freinent encore considérablement la croissance de ce pays et sa capacité à rembourser sa dette
L’Erythrée, 134%
Avec seulement 5,9 millions d’habitants en 2011, l’Erythrée, petit pays de l’est africain, fait face à de gros problèmes économiques depuis son indépendance de l’Ethiopie en 1993.
Chômage, illettrisme, faible niveau d’inflation, sont autant de points faibles du pays qui, combinés aux sécheresses chroniques, et aux grosses dépenses militaires engagées dans les tensions permanentes avec l’Ethiopie, rendent difficile la croissance du pays.
L’Erythrée est donc le 4è pays le plus endetté au monde, avec une dette correspondant à 134 % de son faible PIB (2,12 milliards de dollars).
Le Liban, 134%
Cinquante-sept milliards de dollars… La dette cumulée par le Liban depuis la fin de la guerre civile (1975-1990) est lourde, très lourde ! La dette était pourtant trois fois supérieure en 2006, puisqu’elle est passée de 180 % du PIB à 134 % en 2011
L’Islande, 121%
Si pour beaucoup de pays 2008 rime avec crise, pour l’Islande il a plus s’agit de faillite que de crise…
Le pays s’est pourtant sorti de la récession au 3è trimestre 2010, en empruntant sur les marchés pour la première fois depuis son effondrement financier.
Si la dette islandaise correspond à 121 % de son PIB selon l’OCDE, sa note de dette a été réévaluée en mai dernier par l’agence de notation Fitch, passant de » négative » à » stable « , une première depuis 2006
L’Italie, 120 %
Côté dette, la Botte de l’Europe n’a pas vraiment la cote. Il faut dire que la dette de l’Italie tourne autour des 120 % depuis 1992 pour un montant d’environ 1 900 milliards de dollars.
Difficile d’améliorer la croissance du pays avec de tels chiffres…
Le 12 août dernier, sous la pression de la chancelière allemande Angela Merkel, le gouvernement Berlusconi a adopté en conseil des ministres un plan de rigueur national. Son objectif ? Economiser 45 milliards d’euros sur 2 ans, afin de revenir à l’équilibre dès 2013, et non 2014.
En juillet, le Parlement avait également adopté un plan de rigueur évalué à 48 milliards de dollars sur 3 ans.
L’Irlande, 120%
L’Irlande est le premier pays européen à avoir dû admettre qu’il était incapable de financer sa dette.
Fin 2010, 17 pays ont alors dû lui accorder un prêt de 85 milliards d’euros, répartis entre les membres de la zone euro, le FMI, la Grande-Bretagne, mais aussi le Danemark et la Suède. Un prêt qui aura tout de même permis de sauver l’Irlande, au bord de la faillite.
La dette de l’Irlande atteint environ 174 milliards de dollars en 2011, soit 120,4 % du pays de l’Etat.
Le Portugal, 111%
Le troisième » malade » de la zone euro… Tel est le surnom donné au Portugal. La dette du pays correspond cette année à 110,8 % de son PIB, et s’élève à plus de 160 milliards d’euros.
Croissance du PIB trop faible, endettement permanent de l’Etat… Afin d’aider le Portugal, la zone euro et le FMI lui ont accordé un prêt total de 78 milliards d’euros sur 3 ans en mai dernier. Cela n’a pas empêché l’agence de notation Moody’s d’abaisser la note du pays de 4 crans en juillet 2011, qui est désormais dans la catégorie » spéculative « , ainsi que l’agence Standard & Poor’s en janvier 2012.
La Belgique, 100%
La Belgique, qui ne possède plus de gouvernement depuis un an, est l’un des pays de la zone euro les plus vulnérables.
Si sa croissance se porte plutôt bien (+ 1,1% au premier trimestre), sa dette atteint les 350 milliards d’euros, selon le Fond Monétaire International.
Ce chiffre représente 100,7% de son PIB selon l’OCDE, qui reste cependant l’un des meilleurs d’Europe. De quoi rassurer les marchés
Les Etats-Unis, 99 %
Le 4 août dernier, le Trésor américain annonçait une hausse de la dette de 238 milliards de dollars… en une journée. Une flambée qui a fait exploser la valeur de la dette des Etats-Unis à 14 580 milliards de dollars, un chiffre plus élevé que le PIB américain de 2010 (14 526 dollars) !
La dette américaine a désormais dépassé la barre des 15 000 milliards de dollars, en novembre 2011, un chiffre correspondant à 99% du PIB américain prévu par la Maison Blanche pour l’ensemble de l’année 2011.
Les agences de notation ont par ailleurs abaissé pour la première fois la note des Etats-Unis début août, passant de AAA à AA+.
La France, 85,3 %
La dette de la France est évaluée à environ 1 692 milliards d’euros.
Si la dette publique de la France s’est réduite de 3,6 milliards d’euros au troisième trimestre par rapport à la fin juin, elle reste malgré tout dans le palmarès des pays les plus endettés. Elle perd d’ailleurs son fameux triple A de l’agence de notation Standard & Poor’s le 13 janvier 2012.
Fin décembre, sa dette s’élevait à 1 688 milliards d’euros, soit 85,3 % de son PIB selon l’Insee, contre 1 692 milliards en juin 2011 et 827,3 milliards en 2000.
L’Etat lui-même est le principal emprunteur (1 286 €), suivi par les administrations locales comme les régions ou les départements, et les administrations de sécurité sociale.
Mais à qui emprunte la France ? Les étrangers détiennent à eux seuls près de 65 % de la dette française, un pourcentage en constante augmentation depuis quelques décennies. Viennent ensuite les banques françaises, et les sociétés de crédit, qui représentent un tiers des emprunts du pays, et les compagnies d’assurances (20%).(Source : Msn.fr)
Les banques centrales, au cœur du pouvoir politique
Les banques centrales, au cœur du pouvoir politique
Par Thorsten Polleit - Mises.org
Publié le 06 décembre 2013
Thorsten Polleit, membre de l’école de Finances de Frankfort et spécialiste de l’Institut Ludwig von Mises, s’est récemment entretenu avec l’institut au sujet des banques centrales et de la monnaie fiduciaire.
Institut Mises : Les banques centrales ne cessent de gonfler la masse monétaire, et pourtant, il semble que le public continue de faire confiance aux devises papier.
Thorsten Polleit: Absolument. Les responsables politiques sont parvenus à libérer les marchés du sentiment de panique tout en donnant l’impression que leurs actions pourraient sauver les économies sans pour autant entraîner d’inflation. Leur propagande semble porter ses fruits.
IM: La stratégie employée par les banques centrales depuis quelques années semble parfaitement fonctionner.
Polleit: Voilà qui prouve jusqu’où peuvent aller les manipulations des banques centrales pour maintenir le régime de devises fiduciaires en place, régime qui n’est autre qu’un système Ponzi. Il est en revanche nécessaire de savoir que sans politique de suppression des taux d’intérêts et d’impression de nouvelle monnaie pour supporter les banques et gouvernements en banqueroute, le système de monnaie fiduciaire se serait certainement déjà effondré.
IM: Que se passera-t-il si la stratégie actuelle échoue ?
Polleit: Le problème critique est la demande en monnaie fiduciaire. Si les gens cessent de demander des quantités accrues de monnaie, le système monétaire s’effondre. Traiter une devise dévaluée comme une patate chaude pousserait les gens à échanger leur monnaie papier contre des actifs non-fiduciaires. Au cours de ce processus, les prix des ressources augmentent et le pouvoir d’achat de la monnaie diminue. La conséquence la plus extrême en est l’hyperinflation : la dévaluation accélérée voire la destruction d’une monnaie fiduciaire.
IM: En 2008 et 2009, tout le monde craignait un effondrement global, mais cet effondrement ne s’est jamais matérialisé. Pourquoi ?
Polleit: J’imagine qu’à l’époque, de nombreux investisseurs ignoraient le fait que dans un régime fiduciaire, les banques centrales peuvent fournir au gouvernement et aux banques commerciales des quantités infinies de nouvelle monnaie, ce qui leur permet de s’acquitter de leur dette dans sa totalité. Et c’est ce qu’elles ont fait : ‘unepanique défaut’ a été imprimée par les banques centrales. C’est aussi la raison pour laquelle le prix de l’or est passé depuis un record à la hausse de 1900 dollars par once à 1300 dollars aujourd’hui.
IM: Vous vous attendez donc toujours à ce que se développe une inflation sérieuse ?
Polleit: Tout à fait. L’inflation sera l’une des mesures par lesquelles les gouvernements tenteront de se débarrasser de leur dette excessive. Le régime fiduciaire nous a mis dans une situation dans laquelle les emprunteurs – notamment les gouvernements et les banques – ne sont plus dans une position de rembourser leur dette. En d’autres termes : les dommages ont été causés, et la seule question est de savoir qui en paiera les frais.
IM: Et qui en paiera les frais ?
Polleit: Les gouvernements et les banques auront sans doute recours à une taxation accrue, à des vagues de confiscation, à des suspensions de paiement de dettes et à l’inflation au travers de l’impression monétaire. Une chose est certaine : les détenteurs de la dette des gouvernements et des banques en sortiront perdants. Ils ne recevront pas leur monnaie ou recevront de la monnaie dévaluée.
IM: Les économies – que ce soit celle des Etats-Unis, de la Chine ou de la zone Euro – semblent avoir entamé une phase de reprise, et on entend partout que cela signifie que la crise est terminée.
Polleit: Les récentes données indiquent au mieux un progrès économique artificiel et non-viable qui a été généré par la distorsion des taux d’intérêts et une nouvelle vague de création monétaire. Les mal-investissements augmentent à nouveau. Il ne sera qu’une question de temps avant que cette reprise se transforme en une nouvelle récession. La création monétaire en est la cause. Créer toujours plus de monnaie ne résoudra pas nos problèmes, mais les rendra bien pires qu’ils ne sont.
IM: Que pensez-vous que les banques centrales feront dans le futur ?
Polleit: Les banques centrales ont été capturées par les intérêts des banques commerciales et d’investissement. Je pense qu’elles continueront de manipuler les marchés en supprimant les taux d’intérêts et imprimeront plus de nouvelle monnaie pour maintenir à flots des banques et l’industrie financière.
Il est clair que nous avançons vers toujours plus de cycles de type ‘croissance-récession’, des gouvernements toujours plus puissants, moins de liberté, et une distribution de la richesse aux antipodes des forces réelles du marché.
Les banques centrales sont le centre du pouvoir politique. Nous pourrions même dire qu’elles jouent le rôle de ‘Politburo’. Les banques centrales décident qui obtient du crédit et sous quelles conditions. Elles décident quel gouvernement, quelles banques et quelles entreprises survivent et lesquelles font faillite. La vérité est que le système de devises fiduciaires ne sera pas mis à mort par le secteur politique ou un effondrement économique, mais en nous menant vers une impasse socialiste totalitaire. Mais je tente de rester optimiste : j’espère que le système de monnaies fiduciaires s’effondrera avant que nous en arrivions à ça.
IM: Sinon une monnaie fiduciaire, alors quoi ?
Polleit: L’or est le moyen ultime de paiement. Tout le monde devrait en avoir. Sous les conditions actuelles, le prix de l’or devrait être de 1600 à 1800 dollars. Il est également nécessaire de s’assurer un revenu régulier, et en possédant un capital productif, un investisseur peut se protéger en partie de l’interférence des gouvernements. Même les socialistes savent que la nationalisation des moyens de production signifie ‘tuer la vache que l’on voudrait traire’. Ceci dit, les propriétaires de capital productif souffrent d’une forte taxation, et non d’une expropriation directe.
Qu’est-ce que le bitcoin, la monnaie virtuelle qui affole les marchés ?
Le bitcoin défraie la chronique ces derniers mois. SudOuest.fr vous propose un décryptage
Le bitcoin sera-t-elle la monnaie universelle du XXIe siècle ? (DR)
C’est l’histoire d’une monnaie numérique, conceptualisée il y a quinze ans et née en 2008, dont le cours flambe depuis le début de l’année 2013, qui inquiète les régulateurs des marchés financiers, et qui attire la mafia.
Le bitcoin n’en finit pas de battre des records, et il donne le tournis. On ne compte plus les histoires toutes plus étonnantes les unes que les autres à son sujet.
Là, un Norvégien qui achète un appartement à plus de 600 000 euros dans un quartier huppé d’Oslo (lire cet article du « Figaro ») pour un investissement initial en bitcoin de l’ordre de… 18 euros.
Ici, un Britannique qui cherche désespérément dans une décharge publique un vieux disque dur jeté par mégarde avec ses 7 500 bitcoins… soit l’équivalent d’un pactole de quelque 5 millions d’euros.
- Un peu d’histoire
Selon le site bitcoin.fr, le bitcoin s’appuie sur le concept de « crypto-devise », inventé par Wei Dai en 1998.
Il stipule que, « plutôt que de dépendre d’une autorité centrale », comme la Banque centrale européenne pour l’euro par exemple, on peut « créer une nouvelle forme de monnaie » en « utilisant la cryptographie pour contrôler sa création monétaire et ses transactions ».
Le bitcoin en tant que tel est créé par un certain Satoshi Nakamoto enjanvier 2009. Selon « Libération » (ainsi que « Le Monde »), il s’agit vraisemblablement d’un pseudonyme.
En novembre 2012, la plateforme de blogs WordPress.com est le premier site à accepter des paiements en bitcoins. Elle sera bientôt suivie par d’autres entreprises ou universités (dont celle de Nicosie), tels que Virgin Galactic ou l’outil de création de magasins en ligneShopify pour ne citer que les plus récents.
- Comment ça marche ?
Satoshi Nakamoto a expliqué dans une longue description le fonctionnement de bitcoin. Si vous avez des aspirines sous la main, vous pouvez suivre ce lien.
Plusieurs sites d’information se sont échinés à expliquer (très bien) le fonctionnement du bitcoin pour les profanes, dont « Libération » et « Le Monde ». À SudOuest.fr, on a préféré vous le montrer grâce à la vidéo disponible sur bitcoin.org. Et ce n’est pas plus mal.
- L’ascension exponentielle du cours du bitcoin
Les chiffres donnent le vertige. Lors de sa première cotation le 25 avril 2010, un bitcoin est évalué à 0,3 €. La parité avec le dollar puis avec l’euro est atteinte dix mois plus tard, en février 2011.
Une première bulle spéculative se met en place à l’été 2011 : le bitcoin atteint les 9,57 $, puis se dégonfle. Mais c’est à partir de 2013 que les variations de cours deviennent délirantes.
En quelques semaines, le bitcoin passe de 47 à 230 dollars. Pour quelle raison ? Une crise économique, pas du tout virtuelle, à Chypre. Le bitcoin devient alors une valeur refuge avant de repasser en quelques semaines sous la barre des 100 dollars.
La monnaie connait un nouvel épisode de bulle spéculative depuis le mois d’octobre dernier, passant de 123 à plus de 1 000 dollars. Cette hausse vertigineuse coïncide avec la fermeture du site Internet Silk Road (permettant la vente de produits illicites, des stupéfiants notamment) par le FBI.
Pourquoi ? Tout simplement parce que le site fonctionne uniquement avec le bitcoin afin d’échapper aux contrôles gouvernementaux. Si,comme l’expliquent « Les Échos », le cours de la monnaie virtuelle a brutalement décroché après la fermeture, une « correction » s’opère. Le site bitcoin.fr y voit le signe que les investisseurs militant en faveur d’un usage responsable de la devise ont été rassurés.
Lors de la rédaction de cet article, le cours du bitcoin évoluait aux alentours de 1 055 dollars (soit environ 782 euros). Selon le siteZDNet.fr, s’appuyant sur un document de la banque américaine Merryll Lynch, il pourrait même grimper jusqu’à 1 300 dollars.
La volatilité de la monnaie inquiète en haut lieu. Pour preuve, le bitcoin a fait l’objet d’une mise en garde par la Banque de France (PDF à lire ici). Selon l’institution, la monnaie « représente un risque financier certain pour les acteurs qui le détiennent ».
Pourquoi ? Le processus de création de monnaie est en cause. Selon la Banque de France, « le rythme de création des bitcoins est régulé et fluctue pour tenir compte du nombre de mineurs (les créateurs de monnaie, NDLR) et de l’évolution de la capacité de calcul des unités informatiques connectées. Il était ainsi de 50 bitcoins toutes les dix minutes en 2009 et est passé à 25 bitcoins toutes les dix minutes depuis janvier 2013″.
De plus, « la quantité de monnaie créée par le système est limitée (…) à 21 millions de bitcoins ». Deux façons d’organiser « la pénurie de cette monnaie virtuelle » et ainsi lui « conférer son caractère hautement spéculatif ».
- Une monnaie qui permet la fraude et intéresse jusqu’à la mafia
À cause de son caractère spéculatif et de ses promesses de rendement phénoménal en quelques années (rappelez-vous l’histoire de cet heureux nouveau propriétaire Norvégien), le bitcoin intéresse le système financier.
Pour s’en rendre compte, il suffit de taper « bitcoin » sur Google.fr. Les publicités associées qui remontent dans le moteur de recherche sont éloquentes.
Selon le site 01net.com, les frères Winklevoss, bien connus pour leur litige avec Mark Zuckerberg sur la paternité du concept ayant donné lieu à la création de Facebook, « ont déposé, le 1er juillet dernier, une demande d’introduction en bourse d’un fonds d’investissement en bitcoins auprès de la SEC », le gendarme américain de la Bourse.
Plus inquiétant, la mafia commence à mettre son nez dans le bitcoin. Toujours selon la note émise par la Banque de France, le bitcoin « favorise le contournement des règles relatives à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ».
C’était le cas du site Internet de mise en relation entre vendeurs et acheteurs de produits illicites Silk Road, mentionné plus haut. En 2012,Tracfin, l’organisme de traitement du renseignement et d’action contre les circuits financiers clandestins, mentionnait dans un rapport (lien vers le PDF) comment une société pouvait illégalement exercer la profession de banquier. Et ainsi blanchir de l’argent…
Autre raison pour l’État de s’intéresser au bitcoin : la TVA. Car pour les échanges de biens à l’aide de cette devise virtuelle, il n’y a pas d’application automatique de la taxe, ce qui se traduit par une perte de recettes fiscales proportionnelle aux échanges en bitcoins.
En Allemagne, le problème a été identifié. Le Huffington Post indiquait ainsi cet été que Berlin a donné le statut de « monnaie officielle » au bitcoin pour mieux pouvoir le taxer. « Les entreprises devront intégrer un taux de TVA dans toutes leurs transactions en bitcoins », explique ainsi le site.
INTERNATIONALISATION DU YUAN, OUVERTURE DE L’ARABIE SAOUDITE, EXPLOSION DE L’UE : TROIS DES DERNIERS ÉTAIS DU DOLLAR S’EFFONDRENT
C’est un peu comme des parents qui tentent de quitter la chambre de leur bébé à pas de loup pour éviter qu’il se réveille et se remette à brailler : le bébé est le dollar, et les parents sont indignes puisqu’ils sortent pour l’abandonner.
La Chine est passée maître dans cet art mais on voit de toute part d’autres pays qui abandonnent progressivement les États-Unis de manière plus ou moins subtile, comme l’Arabie Saoudite par exemple (2). Pour l’Union Européenne, quasiment le dernier bastion américaniste hors des US, la tâche est plus ardue. Notre équipe anticipe que les élections européennes de 2014, où la montée des extrêmes droites et des forces eurosceptiques est inévitable, mèneront à une explosion du cadre actuel de l’UE avec la possibilité pour l’Euroland de s’affirmer à sa place. Nous analysons en détail le cas européen dans ce numéro du GEAB.
Internationalisation à marche forcée du yuan qui vient décrédibiliser un peu plus le rôle central du dollar, perte du soutien saoudien qui était une pièce maîtresse dans l’édifice du pétrodollar, et perte du bastion américaniste UE remplacé par l’Euroland qui, s’appuyant sur l’euro, constitue une nouvelle menace pour les États-Unis : trois des derniers soutiens essentiels de la puissance américaine disparaîtront en 2014, poursuivant insidieusement le bouleversement mondial.
Les États-Unis ont fait le pari que la barrière de potentiel (3) entre le statu quo et le monde d’après est trop douloureuse à franchir, et que les pays, bien qu’ayant tout à gagner d’une nouvelle organisation du monde, ne passeront pas le Rubicon. C’est par exemple la Chine avec sa montagne de dollars en réserve qui ne vaudront plus grand- chose si elle bouge trop ostensiblement ; ou encore l’Arabie Saoudite qui perdra un gros client et une sécurité assurée si elle lâche les États-Unis. Sauf qu’il s’agit ni plus ni moins d’un froid calcul de coûts/bénéfices, et pour nombre d’acteurs les bénéfices commencent à dépasser les coûts. Selon LEAP/E2020, le pari américain est d’ores et déjà perdu.
Plan de l’article complet :
1. À L’OUEST, RIEN DE NOUVEAU
2. L’IMPOSSIBLE REPRISE US
3. TOUT SE RETOURNE CONTRE LES ÉTATS-UNIS
4. ARABIE SAOUDITE : OUVERTURE D’UN PAYS FERME
5. INTERNATIONALISATION DU YUAN
6. FRACTURE EST/OUEST
7. 2014 : RÉSOLUTION DE LA QUESTION NORD-CORÉENNE PAR LES BRICS
8. L’EUROPE EST MORTE, VIVE L’EUROPE !
9. EUROPE-D’AVANT, EUROPE-D’APRÈS
10. ÉMERGENCE DE CONTRE-SYSTÈMES
1. À L’OUEST, RIEN DE NOUVEAU
2. L’IMPOSSIBLE REPRISE US
3. TOUT SE RETOURNE CONTRE LES ÉTATS-UNIS
4. ARABIE SAOUDITE : OUVERTURE D’UN PAYS FERME
5. INTERNATIONALISATION DU YUAN
6. FRACTURE EST/OUEST
7. 2014 : RÉSOLUTION DE LA QUESTION NORD-CORÉENNE PAR LES BRICS
8. L’EUROPE EST MORTE, VIVE L’EUROPE !
9. EUROPE-D’AVANT, EUROPE-D’APRÈS
10. ÉMERGENCE DE CONTRE-SYSTÈMES
Nous présentons dans ce communiqué public des extraits des parties 1, 2 et 8.
À L’OUEST, RIEN DE NOUVEAU (4)
Les marchés peuvent être contents, Janet Yellen qui succèdera à Ben Bernanke à la tête de la Fed en janvier, a suggéré qu’elle souhaite continuer le programme d’assouplissement quantitatif de son prédécesseur (QE3) (5). Certes elle n’a guère le choix puisque l’illusion d’États-Unis encore debout ne tient que grâce à ce programme qui a permis aussi bien de relancer artificiellement le marché immobilier que les marchés financiers, ou de financer le gouvernement américain à bas coût.
Mais il n’y a que les marchés qui célèbrent la nouvelle. Les pays étrangers se demandent quand les bulles exportées par la Fed vont cesser, comment cela va pouvoir finir, comment sevrer les États-Unis et, s’ils n’ont pas encore suffisamment découplé leur économie, quelles seront les répercussions chez eux. La société civile sait déjà que les « bénéfices » du QE ne parviennent jamais jusqu’à elle (6) : comme si l’intégralité d’un New Deal par an (7) était absorbé uniquement par les marchés et ne profitait pas à la population. Et l’économie réelle se demande quand les taux d’intérêt vont pouvoir remonter à une valeur normale afin que des investisseurs soient à nouveau incités à financer de vrais projets grâce à une rémunération non nulle.
Du côté de la Fed, rien de nouveau donc. Rien de nouveau non plus aux problèmes du pays qui s’amoncellent et s’aggravent. On parle dorénavant de famine aux États-Unis dans les journaux mainstream (8) ; les crimes sont en augmentation constante depuis deux ans (9) ; la consommation de drogue explose (10) ; malgré les réductions budgétaires qui forcent des prisons à relâcher leurs prisonniers (11), il y a plus de prisonniers aux États-Unis que d’ingénieurs ou d’enseignants du secondaire (voir figure ci-dessous) ; malgré des chiffres officiels encourageants, le chômage de masse continue (12) ; les infrastructures sont sacrifiées (13) ; la recherche scientifique n’est plus financée correctement (14), etc.
Du côté de la Fed, rien de nouveau donc. Rien de nouveau non plus aux problèmes du pays qui s’amoncellent et s’aggravent. On parle dorénavant de famine aux États-Unis dans les journaux mainstream (8) ; les crimes sont en augmentation constante depuis deux ans (9) ; la consommation de drogue explose (10) ; malgré les réductions budgétaires qui forcent des prisons à relâcher leurs prisonniers (11), il y a plus de prisonniers aux États-Unis que d’ingénieurs ou d’enseignants du secondaire (voir figure ci-dessous) ; malgré des chiffres officiels encourageants, le chômage de masse continue (12) ; les infrastructures sont sacrifiées (13) ; la recherche scientifique n’est plus financée correctement (14), etc.
[...]
Nombre de prisonniers, d’ingénieurs, d’infirmières, de professeurs du secondaire, etc., aux États-Unis. Source : Huffington Post.
L’IMPOSSIBLE REPRISE US
Les problèmes des États-Unis ne peuvent en réalité pas être résolus dans le cadre actuel car le pays se trouve face à un dilemme : si l’économie commence à reprendre des couleurs, la Fed doit arrêter son programme de soutien, mais alors ce sera la panique sur les marchés comme on l’a vu en septembre, ce qui cassera la reprise…
Plus généralement, si une once de vraie croissance US pointe son nez, la montagne de dollars imprimés par la Fed et exportés chez les émergents va revenir en partie aux États-Unis pour profiter de l’aubaine, provoquant une forte inflation et tuant la reprise dans l’œuf. (22) Ces « oscillations » entre espoir et désespoir vont donc continuer tant que la crise est affrontée avec les outils du monde-d’avant, ou jusqu’à ce qu’un choc vienne rappeler la situation catastrophique. Car ce n’est pas le QE qui va sauver l’économie, puisque ses meilleurs résultats sont de maintenir artificiellement en vie des zombies économiques et de gonfler des bulles financières.
[...]
L’EUROPE EST MORTE, VIVE L’EUROPE ! (42)
Résolution des conflits, commerce, finance… on voit donc que le fossé se creuse avec l’Occident. Néanmoins, à l’image de cette nouvelle route de la soie qui relie l’Asie et l’Europe, cette dernière peut encore basculer à temps dans le monde-d’après si elle parvient à couper le cordon avec les États-Unis, après les élections de 2014 qui serviront de détonateur.
Montée des extrêmes droites et des partis eurosceptiques, déficit démocratique, poids des lobbies et éloignement des citoyens, centralisation bruxelloise, bureaucratie et technocratie… l’Union Européenne se meurt (43). Selon notre équipe, les élections européennes de 2014 vont provoquer l’explosion du cadre actuel de l’UE et initier une repolitisation de l’Union, à commencer par un grand débat sur l’avenir de l’Europe. Cette remise en question a d’ailleurs déjà commencé, avec par exemple les Verts qui se dotent de candidats communs sur tout le territoire de l’UE (44), initiant ainsi une « vraie » élection européenne, ou avec les partis socialistes qui poussent le très sérieux candidat Martin Schultz à la tête de la Commission (45).
Mais selon LEAP/E2020, cette refondation, si elle réussit, prendra du temps, beaucoup de temps, et la vraie échéance pour une UE démocratique est donc l’élection de 2019. Nous analysons longuement le sort de l’Europe dans la partie Télescope.
Or cette Union Européenne qui se meurt, c’est l’Europe inspirée et noyautée par les intérêts américains. C’est l’Europe réduite à un vaste marché commun qui doit sans cesse s’élargir. C’est l’Europe qui se couche devant Monsanto et s’en remet aux États membres (46), laissant ainsi le champ libre à la multinationale américaine. Ce faux-nez des politiques anglo-saxonnes, cette troisième béquille américaine, s’effondre. Mais ces décisions dictées par le cousin américain passent de plus en plus difficilement (47). Un autre exemple en est donné par l’adhésion de la Turquie à l’UE, choisie par l’agenda américain et non par les citoyens européens ni turcs (48) : déjà laborieuse, celle-ci sera définitivement condamnée lorsque des partis d’extrême droite investiront le Parlement européen en 2014.
Or cette Union Européenne qui se meurt, c’est l’Europe inspirée et noyautée par les intérêts américains. C’est l’Europe réduite à un vaste marché commun qui doit sans cesse s’élargir. C’est l’Europe qui se couche devant Monsanto et s’en remet aux États membres (46), laissant ainsi le champ libre à la multinationale américaine. Ce faux-nez des politiques anglo-saxonnes, cette troisième béquille américaine, s’effondre. Mais ces décisions dictées par le cousin américain passent de plus en plus difficilement (47). Un autre exemple en est donné par l’adhésion de la Turquie à l’UE, choisie par l’agenda américain et non par les citoyens européens ni turcs (48) : déjà laborieuse, celle-ci sera définitivement condamnée lorsque des partis d’extrême droite investiront le Parlement européen en 2014.
Mais le continent n’attendra pas 2019 pour se réorganiser et la question concerne la forme que prendra l’Europe-d’après. Entre-temps, comme nous le verrons à la partie Télescope, l’Euroland a la capacité de construire un projet politique qui viendra combler le vide laissé par l’Union Européenne. [...]
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Notes :
Notes :
1 Tirés de Silence, 1837.
2 Chose inconcevable il y a peu…
3 En physique, cette notion désigne un obstacle qu’une particule ne peut franchir que lorsqu’elle a suffisamment d’énergie.
4 Titre d’un roman d’Erich Maria Remarque (1929).
5 Source : Business Insider, 13/11/2013.
6 Lire l’article édifiant « Confessions of a Quantitative Easer » (Wall Street Journal, 11/11/2013) ou sa traduction en français sur les-crises.fr.
7 Les dépenses du New Deal sont estimées à 50 milliards de dollars au total entre 1933 et 1940 (source : Forbes. Avec l’inflation, cette somme représente environ 850 à 900 milliards de dollars actuels (cf. US inflation calculator, alors que la Fed injecte 1020 milliards par an, soit plus d’un New Deal par an. Voir aussi Answers.com.
Il faut néanmoins nuancer ces chiffres puisque QE3 représente 6% du PIB alors qu’à l’époque les 50 milliards du New Deal représentent environ 50% du PIB (étalés sur 8 ans, soit également 6% par an).
Il faut néanmoins nuancer ces chiffres puisque QE3 représente 6% du PIB alors qu’à l’époque les 50 milliards du New Deal représentent environ 50% du PIB (étalés sur 8 ans, soit également 6% par an).
9 Source : Time, 24/10/2013.
10 Source : Bloomberg, 13/11/2013.
11 Source : par exemple CBS, 27/02/2013.
13 Source : Business Insider, 01/11/2013.
14 Sources : ThinkProgress (30/08/2013), The Tech (07/05/2013), etc. Même le prestigieux MIT est fortement touché : Boston Globe, 20/05/2013.
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22 Lire à ce sujet l’analyse d’Andy Xie, Caixin (05/11/2013).
[...]
42 En référence à la formule « le roi est mort, vive le roi ! » prononcée initialement à la succession de Charles VI en 1422. Source : Wikipédia.
43 Il est intéressant de constater que toutes les « unions » (Union Européenne, Royaume-Uni, États-Unis) sont toutes en graves difficultés ; en particulier, le choix de ce nom reflète des principes de gouvernance qui ne sont plus adaptés à notre époque où une gouvernance décentralisée en réseau devient impérative pour gérer les grand blocs régionaux.
44 Source : EUObserver, 11/11/2013.
45 Source : Huffington Post, 10/10/2013.
46 Source : Die Zeit, 06/11/2013.
47 Ainsi, le maïs de Monsanto mentionné ci-dessus devrait encore être bloqué par de nombreux pays.
48 Seuls 20% des Européens et 44% des Turcs pensent que l’intégration de la Turquie serait « une bonne chose » (source : Hurriyet, 19/09/2013). Tandis que Hillary Clinton disait en novembre 2010 : « the United States [...] support the membership of Turkey inside the EU. [...] We don’t have a vote, but if we were a member, we would be strongly in favor of it. »
LA DÉMOCRATIE, L’ARGENT ET LA CRISE : UN SYSTÈME SAVAMMENT ORGANISÉ
Tribune libre Résistance
C’est l’avertissement lancé par Oxfam, confédération d’ONG luttant contre la pauvreté et l’injustice dans le monde, dans son rapport intitulé : « le piège de l’austérité – l’Europe s’enlise dans les inégalités ». Lequel conclut que les politiques d’austérité menées par les États membres pour surmonter la crise de la dette souveraine et accéder aux programmes de sauvetage n’ont réussi ni à réduire le coût de la dette, ni à favoriser la croissance.
« En Afrique, en Asie et en Amérique latine, certains pays ont mis vingt ans pour revenir aux niveaux d’avant la crise. En Europe, ces politiques minent de façon irréversible les caractéristiques du modèle économique et social européen tel qu’il s’est développé au cours du XXème siècle. Notre analyse indique que les effets de ces politiques empêchent les plus pauvres de se ressaisir, y compris lorsque la croissance sera de retour en Europe », explique Maurizia Iacchino, présidente d’Oxfam Italie.
Le rapport d’Oxfam souligne que les mesures d’austérité favorisent la concentration des richesses aux mains des 10 % les plus riches, alors que les inégalités ne cessent de se creuser dans les pays qui les ont adoptées. De même, sans l’adoption urgente de mesures de relance de la croissance, sans investissement dans les services essentiels, sans lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, l’écart entre les riches et les pauvres au Royaume-Uni ou en Espagne pourrait dans les dix prochaines années devenir similaire à celui du Soudan du sud ou du Paraguay.
Il est intéressant de constater que certaines institutions internationales traditionnellement engagées en faveur de politiques d’austérité commencent à revoir leur copie. Le FMI s’est dernièrement livré à une étude de l’impact des politiques dites de consolidation budgétaire, et son rapport est sans ambiguïté : l’austérité réduit plus fortement que prévu l’activité économique et donc les rentrées fiscales, provoquant un creusement des déficits. Ce point de vue est également partagé par d’éminents économistes tels que le professeur Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie en 2001. Pour lui, « la raison pour laquelle l’austérité est particulièrement mauvaise, c’est le problème sous-jacent du manque total de demande. Lorsqu’il y a austérité, la demande chute. Et quand la demande chute, la croissance recule et le chômage augmente. Lorsque le chômage augmente, les salaires baissent en raison de la compétition pour les emplois, et les services sociaux sont réduits. Tous les aspects de l’inégalité sont donc exacerbés ». CQFD.
Le rapport d’Oxfam est accompagné d’une étude de cas, pays par pays. L’étude pour la France montre que les politiques d’austérité y ont un impact sur les niveaux de pauvreté et d’inégalité. Le pouvoir d’achat a diminué d’1,2 % en 2012 (la plus forte baisse depuis 1984), tandis que dans le même temps, les coûts de l’électricité, du gaz ou du pétrole augmentaient. La dette publique a crû de 3 % depuis 2011, creusant encore le déficit budgétaire. Si l’on fixe le seuil de pauvreté à 60 % du niveau de vie médian, 7,8 millions de personnes (soit 13 % de la population totale) étaient considérées en 2006 comme pauvres en France. En 2010, ce chiffre est passé à 8,6 millions (14 % de la population), dont 2,7 millions d’enfants. Cela représente une augmentation de près de 800.000 pauvres en moins de cinq ans…
Cette augmentation de la pauvreté a particulièrement touché les familles monoparentales, les retraités, les femmes et les jeunes de moins de 18 ans, parmi lesquels le taux de pauvreté a atteint 19,6 %. Entre 2009 et 2010, les salaires au sein des 20 % des personnes les plus pauvres ont diminué de 1,3 %, alors qu’ils ont augmenté de 0,9 % pour les 20 % les plus riches.
Entre 2000 et 2010, le revenu moyen des ménages faisant partie des 10 % les plus pauvres a augmenté de 5,3 % (soit 400 €), alors que celui faisant partie des 10 % les plus riches a augmenté de 18,9 % (soit 8.950 €). En 2010, la partie la plus pauvre de la société a gagné sept fois moins que la partie la plus riche, contre 6,3 fois en 2000.
Au sommet de la pyramide des revenus, ceux issus des placements financiers représentent une part importante des ressources. Si certains se plaignent des effets de la crise, la fortune des super-riches a connu la plus grande augmentation au cours de la période 2004-2010. Les 10 % les plus riches ont augmenté leurs revenus de près de 7 %. Quant au cercle hyper restreint des 0,01 % les plus riches, il a vu sa fortune croître de 32,3 % !
Plus que jamais, l’État représentatif moderne est l’instrument de l’exploitation du peuple par le Capital. Dans la république dite démocratique, la richesse exerce son pouvoir d’une façon indirecte mais d’autant plus sûre, à savoir l’alliance entre le gouvernement et l’argent. Aujourd’hui, dans les régimes que nous connaissons en Occident, la domination des banques a développé jusqu’à en faire un art peu commun les moyens de défendre et de mettre en œuvre la toute-puissance de la richesse. La république démocratique est alors la meilleure forme politique possible du capitalisme ; le Capital, après s’en être emparé, assoit son pouvoir si solidement, si sûrement, que celui-ci ne peut être ébranlé par aucun changement de personnes, d’institutions ou de partis.
Dans ce contexte, le vote, par son inutilité, ne devrait pas apparaître comme un enjeu central, les représentants élus ne représentant qu’eux-mêmes et leurs intérêts de classe. Alors que 2014 sera marquée par les élections municipales et européennes, il semble indispensable de réfléchir aux limites de la « démocratie » dans sa forme actuelle… et aux moyens d’abattre le système qui s’en prévaut.
Capitaine Martin
Si vous n’avez rien compris à l’écotaxe
Issue du Grenelle de l’environnement en 2009, l’écotaxe suscite une levée de boucliers, à trois mois de son application. Francetv info vous dit tout de cette taxe polémique.
D’où vient cette écotaxe ?
La « taxe nationale sur les véhicules de transport de marchandises » (ou « écotaxe poids lourds ») a été décidée en 2009, à l’issue du Grenelle de l’environnement, initiative de Nicolas Sarkozy dans la lignée de la signature, en 2007, du Pacte écologique de la Fondation Nicolas Hulot.
Le texte a été voté à l’Assemblée par 59 voix pour, 14 contre et trois abstentions, au mois d’avril. Le PS, les écologistes et les radicaux de gauche l’ont soutenu, l’UMP et le Front de gauche se sont prononcés contre, tandis que les centristes se sont abstenus.
A quoi sert-elle ?
Elle instaure une taxe sur tous les camions de plus de 3,5 tonnes, quelle que soit leur nationalité, à partir du moment où ils empruntent certaines routes : 10 000 km d’autoroutes et routes nationales (non payantes), et 5 000 km de départementales ou communales sont concernés.
Pour fonctionner, il faut que chaque poids lourd soit enregistré auprès d’une société habilitée de télépéage ou d’Ecomouv’, chargée par l’État de la mise en œuvre et de la collecte de l’écotaxe. Ils seront munis de boîtiers GPS qui leur permettront de « pointer » via des portiques installés sur l’ensemble des routes taxables, tous les quatre kilomètres environ. Le montant à payer dépendra de la distance parcourue, mais aussi du poids et de l’âge du véhicule. Plus le camion est lourd et vieux, plus il lui coûtera.
L’objectif : inciter les entreprises à privilégier des modes de transport moins polluants et des circuits plus courts pour leurs marchandises
Qui doit payer et combien ?
Selon des fédérations de transporteurs, le coût du transport routier est actuellement compris entre 1,20 et 1,30 euro le kilomètre. L’écotaxe devrait engendrer un surcoût de 13 centimes, selon le ministère de l’Ecologie. Le transporteur ne paie rien mais devra facturer le coût de l’écotaxe à ses clients, via une majoration forfaitaire dont le taux varie en fonction des régions : de 2,10% en Languedoc-Roussillon à 7% en Ile-de-France. Lorsqu’un camion traverse plusieurs régions, un taux national moyen de 5,2% est appliqué.
Au total, l’écotaxe représentera une augmentation du prix du transport de l’ordre de 4,1%, estime le ministère. De quoi, espère-t-il, inciter au changement. Mais les clients pourraient être tentés de répercuter son impact sur le prix à la vente des marchandises.« Il est donc possible que le prix final des produits transportés par la route augmente légèrement, concède le ministère. Mais comme la part moyenne du transport dans les prix aux consommateurs des marchandises est d’environ 10%, une majoration moyenne de 4,1% sur 10 % ne sera que très peu perceptible », promet-il.
Combien va rapporter l’écotaxe ?
L’écotaxe doit rapporter 1,1 milliard d’euros par an. Quelque 760 millions d’euros seront reversés à l’Etat, destinés à la construction, notamment, de voies ferroviaires et fluviales. Ces moyens de transport sont moins polluants mais demandent de lourds investissements. Ainsi, assure le ministère, l’écotaxe devrait avoir des effets bénéfiques sur l’emploi dans le secteur des travaux publics des régions concernées.
Les collectivités toucheront par ailleurs environ 160 millions d’euros pour l’entretien du réseau routier, et 250 millions serviront à la gestion de l’écotaxe.
Pourquoi certaines régions y sont-elles hostiles ?
Les Bretons, eux, y sont farouchement opposés. Là où les autoroutes sont gratuites et les distances plus longues, les trajets seront aussi plus chers. Surtout, l’instauration de cette taxe se fait dans un contexte de difficultés économiques pour le secteur de l’agroalimentaire dans la région.
Il suffit de réaliser une estimation sur le site d’Ecomouv’ pour le constater : un 38 tonnes qui va de Brest (Finistère) à La Roche-sur-Yon (Vendée) fait environ 365 km. Sur 3h50 de trajet, il en passe trois sur des routes taxables et doit s’acquitter de près de 28 euros au titre de l’écotaxe. A l’inverse, un même camion ne paiera qu’une dizaine d’euros pour aller de Villepinte (Seine-Saint-Denis), à Mâcon (Saône-et-Loire), quand bien même il effectue un trajet plus long (422 km) : seuls 76 km sont parcourus sur des routes taxables.
Mais pour limiter cette inégalité, les régions excentrées disposent d’un abattement : 30% en Aquitaine et Midi-Pyrénées, 50% en Bretagne. Le 38 tonnes parti de Brest arrive donc à La-Roche-Sur-Yon avec 14 euros au compteur. Autre coup de pouce : le dispositif a exclu la RN 164 du réseau taxable, le principal axe est-ouest local.
Que craignent les agriculteurs ?
L’écotaxe n’impactera pas seulement les géants de la distribution, dénoncent les agriculteurs. Les animaux et produits français seront taxés plusieurs fois, tandis qu’un produit importé ne le sera qu’une fois, argumentent-ils. Par exemple, un poulet sera taxé lors du transport du poussin vers le lieu d’élevage, puis du transfert de l’élevage vers l’abattoir, puis vers les centres logistiques et enfin le magasin. Même chose pour l’alimentation animale.
Par ailleurs, un produit transporté d’un département à un autre, voisin, sera taxé, tandis que celui qui parcourt de longues distances via les autoroutes ne le sera pas, expliquent-ils, battant en brèche l’argument en faveur des transports de proximité.
Que répond le gouvernement ?
En réponse à la grogne, Frédéric Cuvillier a assuré que le dispositif aura un « impact économique limité » et ne créera pas de concurrence déloyale avec les concurrents européens de la France. Plusieurs d’entre eux, comme l’Allemagne et la Suisse, ont d’ailleurs déjà instauré une telle taxe.
En ce qui concerne le cas breton, le ministre chargé des Transports assure que l’écotaxe acquittée par la région sera limitée à 42 millions d’euros, soit moins de 4% du montant prélevé à l’échelle nationale. La Bretagne devrait recevoir en retour, grâce à un système de péréquation, 135 millions d’euros chaque année pour l’amélioration de ses infrastructures de transport, souligne-t-il. Des arguments qui n’empêchent pas des ténors bretons du PS de demander un moratoire sur l’écotaxe.
Offshore leaks: une liste d’actionnaires de sociétés basées dans des paradis fiscaux révélée par des journalistes
OFFSHORE LEAKS – Ils sont présidents, hommes d’affaires ou simples citoyens. Ils proviennent de tous les pays, de la Mongolie au Canada en passant par la France. Leur point commun? Ils font tous partie de la liste de ces riches magnats qui cachent de l’argent dans les paradis fiscaux, des îles Caïmans aux îles Vierges britanniques. Plus précisément, ils disposent d’investissements dans des sociétés offshore. La liste a été révélée jeudi 4 avril par l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ), une association de 160 journalistes du monde entier qui a noué des partenariats avec des titres tels que le Guardian, Le Monde ou le Washington Post.
Pendant quinze mois, ces journalistes ont analysé 2,5 millions de fichiers provenant de 120.000 sociétés offshore. Selon le quotidien belge Le Soir, partenaire de l’ICIJ, la fuite informatique équivaut à 160 fois le volume des câbles diplomatiques révélés par WikiLeaks en 2010. Au total, l’argent placé dans les paradis fiscaux représente l’équivalent du PIB des Etats-Unis et du Japon réunis, selon The Guardian.
Parmi ces milliers de noms dévoilés figure notamment un Français pas totalement inconnu: Jean-Jacques Augier, trésorier de campagne de François Hollande lors de la campagne présidentielle. Une révélation qui tombe au plus mal alors que la majorité doit déjà composer avec l’affaire du compte en Suisse de Jérôme Cahuzac. 130 Français au total seraient sur la liste, rapporte Le Monde. Les noms d’une dizaine d’entre eux seront prochainement publiés dans les colonnes du journal du soir. Pour l’heure, on sait que deux banques françaises, BNP Paribas et Crédit agricole, sont mentionnées dans les documents.
D’autres noms ne manqueront pas de faire scandale, comme Ilham Aliyev, président de l’Azerbaïjan ou Olga Shuvalova, épouse du vice-Premier ministre de la Russie. La fille de l’ex-dictateur philippin Ferdinand Marcos, réputé pour sa corruption, fait également partie de la liste. En Occident, on retrouve notamment la collectionneuse d’art et baronne espagnole Carmen Cervera, ou Tony Merchant, époux d’une sénatrice canadienne.
À cette liste s’ajoute également le nom de citoyens ordinaires, comme ceux de Grecs qui tentent d’échapper aux impôts de leur pays.
Cette opération de grande ampleur a déjà été surnommée « Offshore leaks » (comprendre « fuites des capitaux à l’étranger ») par les médias. Une référence à Wikileaks, une association créée par le désormais célèbre Julian Assange et qui a provoqué un tollé mondial en publiant – entre autres – des données secrètes des services américains. L’association de journalistes mondiale (ICIJ) instigatrice de l’Offshore Leaks se rapproche de ce fonctionnement: elle mène des investigations et recherche des informations confidentielles pour ensuite les transmettre aux médias nationaux. « Une coopération internationale inédite », pour reprendre les termes d’une correspondante de l’ICIJ.
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